Santé : 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC, 32 cas confirmés et 136 décès probables

Le ministre congolais de la Santé, au nom du gouvernement, a fait le point sur l’évolution de la 17ᵉ épidémie d’Ebola et sur son programme d’intensification de la riposte. D’après les premières données recueillies, le pays a enregistré après une dernière actualisation 32 cas confirmés et 136 décès probables. Cette mise au point a été faite lors d’un briefing de presse spécial organisé ce mardi 19 Mai sous le thème : « 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC : état de la situation et mesures de riposte » à Kinshasa.

« On peut souligner un taux de létalité moins élevé que celui de la souche Ebola-Zaïre, réputée pour sa forte mortalité et ses manifestations hémorragiques sévères. Pour éviter tout risque de contamination parmi les prestataires de santé en contact avec les malades, nous avons déployé des équipes médicales et renforcé les équipements de protection », a déclaré le ministre de la Santé.

Les analyses réalisées dans les laboratoires, notamment à l’INRB ont permis de confirmer près de 32 cas positifs. Par ailleurs, 69 patients sont actuellement pris en charge dans les centres de traitement, tandis que 543 cas probables sont recensés dans les communautés.

Selon le docteur Jean-Jacques Muyembe Tamfum, responsable du laboratoire INRB, la souche actuellement identifiée présente des caractéristiques différentes de la souche Ebola-Zaïre. Les premiers symptômes ressemblent à ceux du paludisme ou d’autres infections courantes, rendant le diagnostic plus complexe dans les premiers jours.

« Suite à cette difficulté au niveau du diagnostic, plusieurs victimes ont succombé dans leurs communautés avant toute prise en charge médicale. Nous menons une recherche active dans les communautés afin de déterminer les circonstances des décès signalés dans les familles », a renseigné le virologue Muyembe.

À ce jour, quatre zones de santé sont affectées en Ituri : Mungwalu, Bunia, Rwampara et Nyakunde. Les villes de Butembo et Goma sont également concernées. Cette ville du Nord Kivu a déjà un premier cas sur son sol d’où une probabilité d’avoir plusieurs autres cas dans cette ville sous occupation des rebelles.

Pour faire face à ce nouveau défi, le gouvernement affirme avoir réagi rapidement. Quatorze tonnes d’équipements médicaux ont été déchargées à l’aéroport de Bunia avec l’appui de l’UNICEF.

Avant même cette annonce, certains laboratoires congolais, notamment celui de Bunia, avaient été renforcés afin d’accélérer le diagnostic d’éventuelles maladies, voire d’une épidémie. Pendant ce temps, des soins palliatifs continuent d’être administrés aux patients présentant des symptômes tels que la fièvre ou les maux de tête.

«La stratégie repose principalement sur l’isolement rapide des malades, la protection du personnel soignant, la désinfection des zones contaminées et les enterrements sécurisés, afin de casser la chaîne de transmission», a souligné le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

A en croire le ministre de la santé publique et hygiène, la souche Ebola-Zaïre demeure la plus meurtrière, avec une mortalité dépassant parfois 80 %. Elle circule principalement dans les pays du bassin du Congo. En revanche, la souche Bundibugyo, notamment observée à Isiro, provoque des symptômes moins graves avec une mortalité estimée à environ 40 %.

«Dans les prochains jours, nous allons certainement mettre en place des vaccins et des molécules thérapeutiques afin d’essayer de trouver une solution pour traiter les malades atteints d’Ebola-Bundibugyo », a-t-il poursuivi.

Ce briefing intervient au lendemain d’une réunion de crise présidée par le chef de l’État autour de l’épidémie signalée à Mungwalu, dans la province de l’Ituri. Les autorités y ont présenté les mesures déjà engagées ainsi que les stratégies de riposte envisagées pour limiter la propagation du virus.

Parmi les participants aux échanges figuraient notamment le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le docteur Roger Samuel Kamba Mulamba, le virologue et directeur général de l’INRB, docteur Jean-Jacques Muyembe Tamfum, le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, ainsi que le directeur général d’Africa CDC, le docteur Jean Kaseya.

Albert MUANDA