La province du Sud-Kivu, située à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), fait face à une dégradation préoccupante de son couvert végétal. Pour inverser cette tendance, l’Association Communautaire pour la Conservation de la Biodiversité (ACCB) met en œuvre un projet d’envergure visant la restauration des forêts et des paysages. Dans cette région montagneuse où l’agriculture itinérante, l’exploitation du bois et les aléas climatiques fragilisent progressivement l’environnement, la préservation des écosystèmes est devenue une urgence vitale.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme PEMUR de la coopération suisse. L’ADESO en est le partenaire principal, tandis que le TPO intervient notamment dans le territoire de Kalehe. Selon l’ACCB, l’approche vise à restaurer les zones dégradées, maîtriser l’érosion et relancer la couverture végétale, en particulier autour des infrastructures et des espaces agricoles affectés.
« Dans cette approche, nous ciblons les routes et les espaces agricoles réhabilités qui nécessitent des travaux de restauration des paysages. En effet, certains aménagements ont entraîné des dégradations, causé des érosions et nécessité la coupe d’arbres. Pour y remédier, nous avons d’abord planté des bambous aux premier et deuxième niveaux. Nous avons ensuite introduit des arbustes à croissance très rapide dotés d’un système racinaire dense, notamment le calliandra et l’acacia. À terme, nous planterons de grands arbres, car la route sera déjà stabilisée et l’érosion maîtrisée », a précisé Marie Bwami, fondatrice de l’ACCB
Une action inclusive : écoles, communautés locales et transmission des savoirs

Les objectifs du projet sont multiples et interconnectés. Il s’agit notamment de :
- Reboiser les zones dégradées afin de reconstituer le couvert forestier et protéger les bassins versants.
- Promouvoir l’agroforesterie grâce à des pratiques agricoles durables qui améliorent la fertilité des sols et génèrent des revenus alternatifs.
- Renforcer l’implication locale, notamment par l’appui aux communautés dans l’acquisition de concessions forestières et la gestion participative des terres.
L’originalité du programme réside dans sa dimension inclusive. Loin d’une gestion uniquement descendante (top-down), l’ACCB place les populations locales au centre de la démarche, à travers des actions de sensibilisation citoyenne et l’accompagnement de plusieurs territoires du Sud-Kivu.
« Nous avons commencé par installer des pépinières avec les communautés autochtones et locales. Nous avons également mis en place des pépinières scolaires, car nous accompagnons les écoliers pour leur apprendre comment on élève un arbre. Demain ou après-demain, ces enfants seront les gardiens de notre environnement », a-t-elle informé.
Albert MUANDA