Dans la province du Maï-Ndombe, en République démocratique du Congo, le Programme Intégré REDD+ (PIREDD Plateau) franchit de nouvelles étapes cruciales dans sa mission de protection des forêts et de développement local. Entre gouvernance stratégique, initiatives de terrain et visites diplomatiques, le programme dessine les contours d’un nouveau modèle de durabilité pour le pays.
« Nous sommes satisfaits de voir que ce qui était un pilote prend forme. Il y’a beaucoup d’espoir que les objectifs fixés dans le cadre de ce projet soient atteints », a informé Laurent Nsenga, gestionnaire de projets au WWF-RDC.
L’ancrage du programme repose sur une collaboration étroite entre acteurs locaux et internationaux. Récemment, la localité de Malebo, dans le Territoire de Bolobo, a accueilli la troisième réunion du Comité de Pilotage. Cette rencontre a réuni autorités provinciales, partenaires techniques (UNOPS, WWF RDC) et représentants des communautés pour ajuster les priorités et évaluer le chemin parcouru.
Financé par le CAFI via le FONAREDD, le PIREDD Plateau mise sur le renforcement des capacités locales pour assurer une gestion durable des ressources.
« UNOPS, en tant qu’agent de gestion, reste pleinement engagée à continuer à assurer la gestion transparente, rigoureuse et inclusive de ce projet. Nous veillerons avec tous les partenaires, à ce que les résultats soient visibles, mesurables et durables », a renseigné August Ngedahayo, gestionnaire de projets à l’UNOPS.
Sur le terrain, la transition écologique se manifeste par des changements de pratiques quotidiennes. À Bolobo par exemple, des méthodes culturales respectueuses de l’environnement remplacent progressivement les pratiques favorisant la déforestation. La production encadrée de bois-énergie offre une alternative viable aux ménages, réduisant ainsi la pression sur les forêts primaires.
« Ce projet répond positivement à nos besoin », a déclaré Georges Omakele, président du Comité local de gestion de Mpuimba. « Nous souhaitons que le projet puisse nous aider à améliorer notre réseau de communication, car nous rencontrons beaucoup des difficultés pour recevoir nos paiements ».
A ce jour, les communautés bénéficient des paiements pour services environnementaux (PSE), pour la protection et la restauration des forêts, notamment via la régénération naturelle en savanes.

Le Gouverneur du Maï-Ndombe, Lebeau Kevani Nkoso, a lui-même salué ces efforts lors d’une visite de terrain, encourageant une mise à l’échelle de ces initiatives. « C’est ce genre de projets qui fait en sorte qu’il y ait du développement. Je voudrais ici très sincèrement remercier le WWF qui accompagne nos communautés ici avec de projets à impact visible », a-t-il déclaré.
L’impact du programme attire l’attention de la communauté internationale. Des délégations de la Norvège et du Royaume-Uni se sont rendues sur place pour échanger avec les populations locales sur les résultats obtenus et les enjeux de l’appropriation locale.
« Nous avons constaté le projet a contribué au bien-être des communautés. Nous avons pu visiter des plantations d’acacia-manioc, et des palmiers à huile. Nous avons apprécié comment les communautés ont mis en valeur les savanes au lieu de faire de l’agriculture dans la forêt », s’est félicitée Monica Camacho, envoyée spéciale climat et forêt de l’Ambassade de Norvège.
Cependant, le chemin vers une durabilité totale reste parsemé d’obstacles notamment l’accès géographique difficile aux zones d’intervention, la pérennité des financements pour garantir des actions sur le long terme, et l’adhésion continue de l’ensemble des communautés locales.
Toutefois, le PIREDD Plateau se positionne comme une expérience en construction, porteuse d’espoir pour un modèle de développement plus équilibré en RDC et dans le bassin du Congo.
Alfredo Prince NTUMBA