Forêt : Conservation communautaire en RDC, les premiers succès de l’initiative ICI-GEF7 dévoilés

L’Initiative pour la Conservation Inclusive (ICI) GEF7, pilotée par l’ONG ANAPAC, a présenté ce vendredi 24 avril, ses résultats à mi-parcours. Ce projet ambitieux confirme la place centrale des peuples autochtones et des communautés locales dans la protection des écosystèmes en République démocratique du Congo. Le premier trimestre 2026 marque un tournant pour la conservation inclusive. Grâce à l’appui de l’ANAPAC, 1 400 femmes autochtones et locales ont bénéficié de programmes de renforcement des capacités. À travers 7 regroupements subventionnés.

Selon le coordonnateur national de l’ANAPAC, Joseph Itongwa, l’initiative est mise en œuvre dans les trois paysages de la RDC. « Elle vise, entre autres, l’identification de 15 aires conservées communautaires, la promotion de ces espaces et l’élaboration de plaidoyers en faveur de la reconnaissance de la conservation communautaire. Le projet entend également renforcer les règles traditionnelles des communautés pour la conservation de la biodiversité. Nous attendons également d’améliorer les moyens de subsistance en appuyant 15 groupements de femmes autochtones, bien sûr avec leur voisine communauté locale, dans 15 aires conservées communautaires par des petites subventions qui vont de 7 000 à 2 000 dollars », a déclaré Joseph Itongwa.

Pour sa part, le directeur général des forêts, Frédéric Diengo, agissant au nom de la secrétaire générale à l’environnement, a procédé au lancement de ses assises. D’après lui, il est temps de disposer d’éléments de preuve. Ceci permettrait au pays d’évaluer les zones où les peuples autochtones travaillent, ainsi que les activités traditionnelles qui contribuent au maintien de la biodiversité.

« C’est une occasion d’avoir des dernières informations sur les dernières contributions du peuple d’autochtones dans ce processus. Il faut que nous ayons des changements de rythme. Il s’agit d’un engagement pour un développement durable et inclusif, avec une planification intégrée de l’utilisation des terres et un engagement fort du secteur privé.  Le ministère de l’environnement, surtout en ce qui concerne ce projet, avait porté un grand intérêt pour son exécution. Aujourd’hui c’est une grande joie de se rendre compte de comment ça apporte dans la vie communautaire », a-t-il expliqué.

L’ANAPAC a indiqué que le projet s’inscrit dans une dynamique plus large : 150 000 hectares à sécuriser, 11 communautés accompagnées, une initiative de bioéconomie soutenue, ainsi que 15 regroupements renforcés en compétences. Une stratégie d’octroi des micros subventions a aussi été élaborée.

Dans les documents de résultats à mi-parcours, les initiateurs ont relevé que les femmes ont progressivement développé une nouvelle façon de gérer leurs activités. « En arrivant, nous avons relevé plusieurs difficultés liées aux moyens de production et de transport, ainsi que des défis sanitaires et l’insuffisance de participation des femmes à la prise de parole durant les activités. Certaines femmes n’avaient pas la mentalité de travailler intelligemment pour gérer les pertes et bénéfices. Grâce à ce projet, ces mamans impliquées ont appris la comptabilité et la gestion de leurs activités. Certaines sont devenues des femmes leaders en brisant le silence. Elles sont devenues également porteuses des voix des autres », ont renseigné les organisateurs, avant de mentionner l’évolution d’un travail artisanal vers un modèle plus structurant.

Cette restitution ouvre également une session de réflexion de deux jours entre les délégués de l’ANAPAC venus notamment de Sankuru, Grand Kasaï, Mai-Ndombe et Grand Équateur, ainsi que de l’est de la RDC notamment Kivu, Tshopo pour l’ex-province orientale, et Maniema. Les participants attendent de définir ensemble les priorités et les besoins à intégrer dans les différents documents liés aux politiques et lois relatives à la biodiversité, aux forêts et aux peuples autochtones.

« Il faut réellement une durabilité. Pendant ces assises, on va découvrir beaucoup d’atouts, beaucoup de potentialités, et beaucoup d’actions même. On va sortir avec une note de recommandations sur les différents projets, mais aussi sur les actions à mener dans l’avenir. Tout ceci dans le but de renforcer la participation, l’implication des peuples autochtones dans la conservation de la biodiversité et des forêts », a souligné le coordonnateur national de l’ANAPAC, Joseph Itongwa.

En plus des résultats déjà cités, le projet a renforcé l’aptitude des femmes à la communication. Il a également appuyé des sites APAC, notamment Bolonga, Mpembe et Ikomu avec des machines de transformation, des équipements de reproduction et de transport (incluant vélos), ainsi que des intrants, semences et du matériel pour la fabrication de pirogues. Le soutien porte aussi sur des outils agricoles et de production tels que machettes, houes, tôles, et même un appui avec une connexion internet Wi-Fi, selon les informations communiquées.

Signalons que l’Initiative pour la Conservation Inclusive (ICI) GEF7 vise à soutenir les pays du bassin du Congo à gérer durablement les paysages forestiers. Le projet, financé par le Fonds Mondial pour l’Environnement (FEM/GEF), ambitionne de conserver les paysages forestiers de hautes valeurs, tout en améliorant les moyens de subsistance des communautés locales. L’atelier de restitution sur la politique forestière et la présentation des résultats à mi-parcours de l’ICI en RDC devraient permettre de consolider les recommandations et d’orienter les prochaines étapes du programme.

Albert MUANDA

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