RDC : Le « Crédit Bonobo », l’innovation de l’AZF pour transformer la conservation en moteur de développement

La Fondation Zoo d’Anvers (AZF) a franchi une étape très importante dans la protection de la biodiversité en République démocratique du Congo. Lors d’une présentation de ses activités dans la capitale, ce mercredi 15 avril 2026, l’organisation a mis en lumière un mécanisme de financement révolutionnaire, le « Crédit Bonobo ».

Les activités de la fondation ont été présentées ce jour, en vue d’une orientation technique des experts pour améliorer la mise en œuvre du projet sur terrain, et renforcer l’efficacité de la conservation de la biodiversité en RDC.

Un investissement direct pour la faune et les populations

Le concept est aussi simple qu’efficace. Pour chaque bonobo protégé, le Zoo d’Anvers octroie 100 dollars américains aux communautés locales. Ce projet pilote, mené en collaboration avec la province d’Anvers, s’étendra jusqu’en 2031 avec un double objectif, lutter contre la pauvreté et préserver l’intégrité de la biodiversité.

« L’argent n’est pas distribué aux individus pour éviter les conflits, mais sert à financer des projets communautaires et à rémunérer les jeunes engagés dans la surveillance des bonobos », explique Valentin Omasombo, Coordonnateur pays de l’AZF.

Les derniers inventaires menés sur une concession de 300 km² ont révélé une estimation d’environ 30 bonobos. Si, pour le profane, ce nombre semble modeste, pour les experts en biodiversité, il représente une étincelle vitale. La question n’est plus seulement de savoir combien ils sont aujourd’hui, mais combien ils seront demain.

Protéger ces 30 pionniers, c’est préparer le terrain pour une explosion démographique naturelle. Actuellement, la densité est faible, mais l’habitat, lui, est intact. En garantissant la sécurité de ces individus et leur connexion avec d’autres groupes voisins, les conservateurs misent sur la capacité de charge réelle de la zone.

Selon les exigences écologiques de l’espèce, ce territoire de 300 km² peut, à terme, abriter jusqu’à 300 bonobos. Protéger le noyau actuel, c’est donc sécuriser le destin de dix fois plus d’individus à l’échelle d’une génération.

Outre le bonobo, l’AZF mobilise son expertise historique pour protéger l’Okapi. Déjà responsable de la gestion de cette espèce en captivité, le Zoo d’Anvers renforce aujourd’hui son engagement in situ (dans le milieu naturel) en RDC.

Pour Jef Dupain, Directeur de l’AZF, « ce modèle de transfert de pouvoir et de valorisation des savoirs locaux est la lumière nécessaire pour une préservation efficace face à l’urgence climatique mondiale ».

Des impacts concrets sur le terrain

Le programme bénéficie déjà aux populations de Lisoko, situées à la périphérie de la Réserve de Faune de Lomako-Yokokala (Province de la Tshuapa). Grâce à ces fonds, des infrastructures sociales de base, des activités agricoles seront soutenues. Une piste d’atterrissage est en cours de construction avec l’appui technique de la Virunga Foundation, ce qui rendra la zone accessible depuis Kinshasa d’ici deux mois.

Plus globalement, ce projet s’inscrit dans la vision du Chef de l’État de faire de la RDC un « pays-solution ». Le projet de la Fondation AZF vient se greffer sur le programme présidentiel, « Couloir Vert Kivu-Kinshasa », qui vise une conservation communautaire plaçant l’humain au centre de l’action.

Selon Tosi Mpanu Mpanu, Conseiller principal du Chef de l’État, les ambitions de ce programme présidentiel sont colossales. Il vise à toucher 31 millions de Congolais et générer, à terme, 500 millions d’emplois. « La RDC est un pays solution non seulement pour la planète mais aussi pour transformer les vies des Communautés. C’est ça qui a motivé la création du couloir vert Kivu-Kinshasa », a-t-il précisé.

L’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), qui a signé un contrat de cogestion avec l’AZF en 2024, salue les résultats actuels qui démontrent que les bonobos sont désormais visibles et l’intégrité du parc est mieux protégée.

Par ailleurs, l’ICCN insiste sur la pérennité des acquis de ce projet salvateur. « Nous voulons que les communautés sentent que l’AZF est là, mais surtout qu’elles ne retombent pas à la case départ si le partenaire s’en va », souligne Chantal Chalukoma, représentante de l’ICCN.

Sarah MANGAZA

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