L’ancien ministre congolais des hydrocarbures, Didier Budimbu a accusé le président rwandais, Paul Kagame de porter un discours de haine de mépris pour empêcher la compagnie pétrolière Total énergie de venir s’implanter en République démocratique du Congo. Il a fait cette révélation au cours de son passage à la Radio Top Congo FM le mardi 18 Mars à Kinshasa.
Selon ce membre du gouvernement Suminwa, cet agissement du président rwandais se justifie par la frustration de son régime de ne pas avoir la mainmise sur le pétrole congolais.
« Le Congo comme tout autre pays indépendant a le droit de faire du commerce en toute liberté avec tout autre pays du monde. En 2021, le président du Rwanda a demandé à ce que je puisse le rencontrer pour qu’ils puissent faciliter la transaction entre la RDC et l’entreprise Total énergie sur le bloc 1 et 2 Total. J’ai fait rapport à mon chef. Et comme mon chef est tellement démocrate, il a dit, monsieur le ministre, vous êtes le ministre, prenez vos responsabilités. Il y avait le jet privé du président Kagame qui était à l’aéroport de N’DJili pour me prendre, pour que j’aille négocier avec lui mais je ne suis pas parti. La logique est simple », a précisé l’actuel ministre des sports.
Ces trois dernières années, le lancement de l’appel d’offres de 27 blocs pétroliers et trois gaziers en RDC avait provoqué de protestations de certains acteurs des organisations de défense de l’environnement dans les grandes villes du pays. Pour eux, ce projet représente des menaces considérables sur la biodiversité de la RDC, pays relevé au rang du premier poumon mondial.
« Aujourd’hui, il y en a qui pensent que si on commence à exploiter, nous allons bousiller tout ce qui est tourbières au niveau de l’Equateur. Ils oublient que nous aimons la vie, notre pays et notre environnement. Nous avons consulté des experts qui ont démontré que c’est possible de sortir du pétrole à moindre impact négatif sur l’environnement. C’est ce que nous voyons en Suède, les gens savent sortir leur pétrole d’une façon responsable. Pourquoi on ne le ferait pas ici ?» , s’est indigné l’ancien ministre des hydrocarbures.
La République Démocratique du Congo (RDC) avait suspendu depuis le 11 octobre 2024, son appel d’offres sur exploration et exploitation de ses 27 blocs pétroliers couvrant une superficie de 277 954 km² du territoire national en raison de multiples vices relevés dans cette procédure d’appel d’offres. Le gouvernement a indiqué avoir enregistré des soumissionnaires prêts à investir dans ce secteur en RDC. Il a manifesté son intention de relancer incessamment ce projet dans les zones non dédiées pour la conservation de la nature.
Albert MUANDA