L’Union européenne a manifesté son intention d’examiner dans les prochains jours, son Mémorandum d’antenne sur les matières premières critiques signé avec la République Rwandaise, en 2024. Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont indiqué que ces mesures font suite à l’offensive de l’armée rwandaise dans l’est de la République Démocratique du Congo. Cette annonce a été faite à l’issue de la session du Conseil des Affaires étrangères ce lundi 24 février, à Bruxelles.
« La situation est très grave et le pays est au bord d’un conflit régional. L’intégrité territoriale n’est pas négociable en RDC, pas plus qu’en Ukraine. La Charte des Nations Unies s’applique partout. Nous soutenons clairement le processus de paix de Luanda-Nairobi, nous voulons obtenir des résultats par la voie diplomatique, mais nous prenons également plusieurs mesures », a déclaré la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas.
L’eurodéputé Marc Botenga, l’un des défenseurs de la RDC au parlement européen a appelé le bureau à mettre en œuvre des sanctions à l’immédiat en fonction de la situation sur le terrain.
« Les ministres européens des Affaires étrangères n’appellent ni à suspendre l’accord sur les matières premières avec le Rwanda, ni à arrêter la coopération militaire. Ils ignoraient tout simplement les mobilisations populaires et le vote du Parlement européen. Mais maintenant l’heure n’est plus aux vagues promesses. Il faut arrêter le partenariat privilégié, militaire et commercial, entre l’UE et le Rwanda », a-t-il rétorqué.
L’Union européenne a également décidé de suspendre ses consultations sur la défense avec le Rwanda suite aux mêmes faits : appuis aux rebelles, tueries de la population congolaise, vandalisme, pillages et autres infractions commises en violation du droit international.
Kaja Kallas a renseigné que par ces actes « le régime Kagame a ignoré les interpellations et appels à la paix de la communauté internationale. Une raison de plus, l’UE a décidé de mettre en œuvre une succession des mesures restrictives en fonction de la situation sur le terrain jusqu’à la fermeture du dossier sur les crimes commis par les troupes rebelles M23, AFC en complicité avec les forces des défenses Rwandaises ».
Signalons que le Conseil des Affaires étrangères a exhorté le Rwanda et ses alliés rebelles à se retirer sur l’ensemble du territoire national de la RDC. Le Conseil des droits de l’homme a indiqué avoir déployé depuis début février son équipe pour faire état de lieux sur plusieurs crimes de guerre commis par les RDF-M23 en violation du droit international sur le sol de la RDC.
Albert MUANDA