La pétition est initiée et signée par Conserv Congo, une ONG congolaise qui milite pour la conservation de la biodiversité et la préservation de l’environnement. Dénommée « Please stop Congolese government from exporting our endemic wildlife to China », cette pétition fait suite à la démande exprimée par les zoos chinoises à la l’endroit de la RDC, mais surtout de a reponse qu’avait réservé le Ministre de l’Environnement et Développement durable, Amy Ambatobe, à cette demande d’échange des plusieurs espèces endémiques de la RDC, notamment les Okapis et les bonobos.

« C’est avec grand choc et déception que Conserv Congo, toute la fraternité de la conservation de la faune en RDC et d’autres citoyens conscients ont appris le plan du ministère de l’Environnement et Développement durable, d’exporter fièrement notre faune endémique en Chine. Nous, Conserv Congo, sommes consternés par cette décision. Notre pays n’est pas à vendre et notre faune non plus!», renseigne un communiqué émis à ce sujet, et dont Environews RDC s’est procuré une copie.
Pour cette organisation, aucun montant d’argent ne peut compenser l’exportation de ces espèces qui reflètent l’identité même de la RDC. « Si le gouvernement en a pris [l’argent], il est grand temps qu’il le rende aux prétendants acheteurs parce qu’il n’y aura pas d’affaire sous nos yeux », a insisté Adams Casinga, Coorodnateur de Conserv Congo.
Conserv Congo en a profité pour saisir la CITES (Convention sur le Commerce International des Espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction), de cette décision du ministre congolais de l’Environnement sur ce dossier. « Nous demandons à la CITES de se pencher là-dessus et de sonder tout le processus parce que c’est en fait le sens de son existence en premier lieu. Car, s’il s’agissait d’un véritable accord bilatéral, nous devrions également avoir quelques espèces endémiques de la Chine dans nos zoos. Mais nous ne les avons pas et cela laisse si peu à désirer de toute cette transaction », a-t-il indiqué.
Adams Casinga s’interroge sur la motivation qui anime les autorités congolaises dans cette transaction qu’il juge de néfaste pour la biodiversité du pays. « Même si le processus est censé être légal et planifié, personne ne sait ce que le gouvernement de la RDC a obtenu en échange du commerce de ces précieux animaux et patrimoine national. Les relations bilatérales entre la Chine et la RDC semblent être une voie à sens unique, dictée par la Chine, qui obtient ainsi la part du lion », s’interroge-t-il.
Pour cette organisation, la Chine n’est pas la meilleure en matière de conservation. « Nous sommes tous conscients du traitement qu’ils [les chinois] donnent aux chiens lors de leur festival de la viande de chien Yulin. Cela montre qu’ils n’ont aucune considération ni respect pour les animaux et qu’ils ne méritent donc pas même si on leur permettait d’avoir nos animaux », a-t-il insisté.
Conserv Congo demande au Ministre de l’Environnement Amy Ambatobe de revoir sa décision qui semble avoir été prise à la hâte. « Nous lançons également un appel à toute la communauté de la conservation et à tous les militants de la protection de la vie sauvage à travers le monde pour qu’ils s’opposent fermement à cela, où qu’ils se trouvent », a conclu le coordonnateur de cette organisation.
Alfred NTUMBA